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photographies
elles consistent en deux catégories principales :
- les fotunes
-les fotékrites
fotunes
les fotunes : des photos à entendre au sens courant de photographies.
photographies numériques, de qualités diverses, ayant été prises avec des appareils allant du petit point&shoot au reflex Nikon 7100.


















fotékrites
photographies pré-scriptrices et leurs textes

l'église sur l'eau
Dernier soupir.
Souvent, pour éviter le bougé, il faut retenir sa respiration juste avant de déclencher. Ces images au bord du flou sont de petites morts.
Contre la pierre froide et dure le front le menton.
Je passe l’oeil à la Casanova. Un apparent bro’ de la fornication multiple.
Cela nous pose comme un masque dont la forme est difficile à appréhender du nez, de l’os zygomatique et du temporal. La pierre ne s’effrite pas. La peau s’écorche.
Nous crions mais ils ne nous entendent pas. San Giorgio Maggiore n’entend que le cri des flots.
Il faut comprendre cela pour comprendre la magie de Venise: que les églises se penchent au bord de l’eau. C’est impensable. On enjambe l’écart ballottant entre la barque et la pierre, et l’on se trouve au pied de l’église. Sa frontalité de géante se tient au bord. On ne peut pas reculer d’un pas; c’est la noyade. Il faut entrer, nécessairement. Se convertir. Devenir nécessairement chrétien: de culture chrétienne. Défendre sa millénarité. Perpétuer de ses goûts ses esthétiques.
Pont des soupirs. Venise. 2019.
Souvent, pour éviter le bougé, il faut retenir sa respiration juste avant de déclencher. Ces images au bord du flou sont de petites morts.
Contre la pierre froide et dure le front le menton.
Je passe l’oeil à la Casanova. Un apparent bro’ de la fornication multiple.
Cela nous pose comme un masque dont la forme est difficile à appréhender du nez, de l’os zygomatique et du temporal. La pierre ne s’effrite pas. La peau s’écorche.
Nous crions mais ils ne nous entendent pas. San Giorgio Maggiore n’entend que le cri des flots.
Il faut comprendre cela pour comprendre la magie de Venise: que les églises se penchent au bord de l’eau. C’est impensable. On enjambe l’écart ballottant entre la barque et la pierre, et l’on se trouve au pied de l’église. Sa frontalité de géante se tient au bord. On ne peut pas reculer d’un pas; c’est la noyade. Il faut entrer, nécessairement. Se convertir. Devenir nécessairement chrétien: de culture chrétienne. Défendre sa millénarité. Perpétuer de ses goûts ses esthétiques.
Pont des soupirs. Venise. 2019.

Vu, revu, bons baisers de.
L’image carte postale, il ne faut pas l’abandonner au banalement beau. La poésie est un agrandissement, un approfondissement, un enrichissement, mais elle supporte souvent mal le haut lieu du tourisme de masse. Les poètes d'aujourd'hui fuient la Tour Eiffel, pour des tours sans nom, disgracieuses, abandonnées, ils fuient la Place Saint-Marc pour des placettes où plus personne ne se déplace. C’est jadis, hier encore, dans les pages jaunies de vieux livres qu’on peut lire des étonnements montmartrois, l’émerveillement du Louvre. Mais aujourd'hui l’imaginaire a cessé de convoler dans les jupes de ces lieux. Il ne faut jamais oublier de retrouver le premier regard, avant l’abordage des croisières ou l’ouverture des métros. Il ne faut pas non plus oublier de les regarder, eux.

dans l'eau du passage vertical
Si les oiseaux de métal réchappent à l'effondrement des gratte-ciels. Pencher la tête dans le firmament regarder dedans le murmure d’un passage : c’est l’oiseau qui remonte en surface nager sur le dos des dernières queues de comètes.
La poésie n’est pas communicable.
Comcast Building, NY city, mai 2019.
La poésie n’est pas communicable.
Comcast Building, NY city, mai 2019.

exactement à la béance, avant le cri de l'espace
Le ciel ne commence pas à l’horizon. Célestement, je me place à ma place. Au lieu de mon lieu. Demandez au ciel s’il change, lui. Quelle importance, je le reflète. Je suis le ciel car je suis la fenêtre-miroir, la vitre sans tain. Mes lignes sobres, épurées, je les mets au service du ciel, je le mime, je le suis. J’ai la mémoire dans le miroir. De ceux qui ne s’attendaient pas à mourir. Leur surprise écarquillée défile dans le chaud soudain d’un heurt. Les bouches bées muettes de n’avoir pas eu le temps de crier et les bouches béantes des hurlements qui voient la mort venir, se suivent, en rang par deux. Sinon, j’enregistre les nuages, ces signaux de l’humeur. Les vols d’avions et d’oiseaux. Je suis exactement là où je dois être, à l’exact surface du miroir, mêlant en une même coordonnée l’image et l’image, là où l’on ne sait plus qui de qui.
Four World Trade Center. Date introuvable.
Four World Trade Center. Date introuvable.
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